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le Blog'notes de Charlot du 13

 

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Charlot du 13

 

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Ouh là là ! Quelle nuit !

 

Eté 1971. Eté torride. Il était à l'armée. Oui, mais non. Pendant six mois, il était de retour chez lui, au kibboutz. C'était la période bénie du service militaire où il était détaché chez lui. C'était le bonus des nouveaux immigrants, des volontaires du Nah'al.

Bon, mais tout ça, il s'en foutait, hein ? Lui, il avait vingt et un ans, et il voulait profiter à fond de ces six mois. Profiter à fond ? Mais comment ? Oh ! Mais c'était très simple ! On était en été, donc. Et le kibboutz était rempli de touristes. Des jeunes touristes étrangers venus passer quelques semaines comme volontaires pour cueillir les abricots. Mais surtout ce qui l'intéressait, c'était les jeunes touristes étrangèèèreeeus. Les filles. Les femmes. les gonzesses. Il y en avait de tous les pays, de toutes les sortes, de toutes les couleurs. Aïe ! Quel bonheur !

Et là, maintenant, il était dans un creux. Il venait de quitter Maggy l'Anglaise, Maggy la comédienne, avec qui il était resté quelques semaines quand même. A qui il s'était un peu attaché. Ah ! C'était ça son malheur ! Il s'attachait trop facilement ! Il était tristounet, notre ami. Maggy était partie. Partie se marier, en plus ! Elle s'était payé un petit soldat israélien pour son enterrement de vie de vieille fille.

Il alla voir les copains. Chaque soir, il y avait une fête quelque part. Pas grand chose. Juste histoire de se réunir et de profiter des belles soirées d'été. Des fois, on restait sagement chez l'un ou chez l'autre à siroter un café en écoutant du jazz. Et papoter bien sûr. Des fois, on faisait les fous : Aller à minuit à la piscine. Passer par dessus le portillon. Rigoler devant le panneau "Piscine ouverte de 9h00 à 19h00 - interdit de se baigner sans surveillance" et se taper un bain de minuit à poil tous ensemble. Aller à la cuisine. Ouvrir la porte du garde manger. Sortir 7 ou 8 steaks. Eplucher 2 kg de patates. Faire des frites. Manger un steak frites à 2h du mat'...

Toutes ces soirées drainaient des touristes qui adoraient les jeunes du kibboutz. Nous ! Nous avions une aura devant eux. On était venu s'installer, VIVRE au kibboutz. On faisait l'armée. Ils nous admiraient. ELLES nous admiraient.

Il y en avait une, en ce moment qui tournait sérieusement autour de nous. Même autour de moi, je dirais. Pas très très jolie. Mais mignonne quand même. Je m'approche. On commence à discuter. Elle est américaine. du Montana. Les Rocheuses. Ouh lala ! Comme c'est différent du désert du Negev ! Elle s'appelle Molly. Et elle part demain matin. Oh ! Demain matin !

Oh ! Demain matin ! Il y a donc urgence. Vers minuit, nous allons dans ma chambre. Et là, à peine la porte fermée, on se jette l'un sur l'autre, on se jette l'une sur l'autre. Ouh là là ! Quelle nuit ! Même avec Maggy, ça n'a jamais été aussi torride. On ne s'est pas arrêtés. Que voulez-vous ? J'avais avec moi la force de la jeunesse. A vingt et un ans, on est capables d'exploits. D'exploits à répétitions. Encore et encore.

On ne s'est pas arrêtés. Ouh là là ! Quelle nuit ! à huit heures, il fallait qu'elle aille prendre ses bagages pour ne pas rater le bus qui l'emmenait à l'aéroport de Tel Aviv. On se sépara en s'embrassant encore et encore. En se caressant encore et encore. Moi, je partis travailler au poulailler. à huit heures et demi au lieu de six heures... Yossef me jeta comme une feuille pourrie. Faut dire qu'entre les nuits avec Maggy, Molly et toutes les autres, je déconnais sérieusement avec les horaires.

C'est comme ça que je commençais à travailler à la bergerie. Et ben, croyez-moi, je me suis bien plus régalé avec les moutons qu'avec les poules.

Et toute ma vie, j'ai gardé le souvenir d'une nuit, de cette nuit.

Ouh là là ! Quelle nuit !

Ouh là là ! Quelle nuit !