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FEMME FONTAINE

 

Elle hoquetait dans le coin du lit. Elle était trempée. Trempée de sueur, de larmes, de salive, pas d'urine, non, mais d'un liquide clair et chaud qui avait coulé le long de ses cuisses. qui avait coulé de son vagin comme d'une fontaine.

Elle était donc une femme fontaine ? Il avait compris sa question dans son regard interrogatif. "Toutes les femmes sont des fontaines" avait-il dit. Mais très rares sont celles qui savent et peuvent ouvrir leur vanne. De même que l'éjaculation masculine est le principe même de sa jouissance, l'éjaculation féminine est réservée aux élues, aux femmes qui sont vraiment des femmes. Aux femmes qu savent tout simplement se libérer, se donner corps et âme à l'amour. Et ça, c'est rare. Les femmes sont de nature méfiantes et craintives, elles ne se donnent pas complètement. elles ont peur de se donner. Elles ont tout simplement peur.

Elle était donc là, recroquevillée sur elle même comme sur un corps étranger. Comme dans un corps étranger. Haletante, hoquetante. Son corps ! Jamais elle n'aurait cru qu'il était capable de ça ! Son propre corps ! Quelle connaissait bien pourtant ! Elle n'était plus une jeunette. Elle était même assez âgée maintenant. Elle avait fêté son soixantième anniversaire il y a quelques années. L'amour ? Le sexe ? Elle connaissait. Elle avait eu vingt ans dans les années 70. Alors ! Les années liberté sexuelle... C'est dire !

Jusqu'à maintenant, elle s'était sentie "normale". Chanceuse, parce qu'elle jouissait assez vite et en général en même temps que les hommes. En même temps que l'Homme. Et ça, c'était une bénédiction.

Mais bon. Ses orgasmes étaient agréables, bien sûr, mais étaient complètement prévisibles. Elle avait son protocole. D'abord, il fallait lui caresser les seins. Tout doucement. Parce que ça lui faisait très vite mal. Alors juste titiller la pointe des seins. En les mouillant de salive. Quand ils devenaient bien durs et bien dressés, il fallait lui caresser le clitoris. D'abord, en l'enveloppant de sa peau, de sa protection, et tourner doucement, doucement. d'un doigt léger. Ensuite, elle sentait monter en elle le désir de jouir. Il fallait alors la caresser vite mais jamais appuyer trop fort. Vite, de plus en plus vite, de plus en plus vite ! Et là, elle jouissait. C'était bon. C'était assez fort.

Quand les spasmes de l'orgasme étaient retombés, elle sentait un désir monter en elle du dedans. L'heure du vagin était arrivé. Un doigt dedans, le point G proéminent et gonflé, saturé de désir était à prendre. Le caresser longuement, gentiment. puis de plus en plus fort, de plus en plus vite, de plus en plus vite, et là aussi, l'orgasme arrivait. Sans faute. Un peu plus fort que l'orgasme clitoridien. Et après, là, tout de suite, tout de suite, elle était à prendre. Oui ! Un sexe dans elle ! Un sexe d'homme bien dur bien chaud dans son vagin. Qui devait vite, très vite la faire chavirer et jouir, jouir encore, une troisième et dernière fois ! Pour cela, il fallait que l'Homme jouisse à ce moment là, et il y arrivait en général. Les désirs des deux amants étaient à leur comble. C'était bon, mais bon !

Dans les bras de l'amant, elle se calmait. Il lui était même quelquefois arrivé de s'endormir. Mais c'était rare. C'était plutôt lui qui s'endormait, fatigué de son effort, le beau chéri. Jusqu'à maintenant, elle avait cru que c'était ça le bonheur. Le bonheur du sexe.


Mais là ! Là ! LA ! Jamais elle n'aurait pu imaginer...


Mais qu'est-ce qu'il lui avait fait ? il l'avait droguée ? Il lui avait donné quelque chose ? Ben non. Elle se sentait tout à fait lucide, tout à fait saine.

C'était comme si son corps l'avait lâché. Non. Comme si elle avait lâché son corps. Comme si son corps ne lui obéissait plus à elle, mais obéissait à l'autre, à lui ou à l'amour. Comme si son corps ne lui appartenait plus mais appartenait à la Nature, à la grande chaîne de la VIE. Comme si son corps était entré dans Dieu. Dans le Tout universel.

"Ma parole, je suis bonne à entrer dans une secte." Il lui fit chut d'un doigt sur ses lèvres. "Ne réfléchis pas. Pas encore. Laisse toi encore aller. Profite du moment présent. Tu n'es pas toi, tu es une goutte d'infini."

Pourtant, il l'avait caressée d'une façon assez normale. Bien, certes, très très bonne, certes. Mais alors? où avait été la différence ? "Chut. Ne réfléchis pas !"

Plus tard, bien plus tard, après avoir pris une douche et un bon café, ils avaient discuté. La différence n'était pas corporelle, ni hormonale, ni purement physique. La différence, c'était elle qui l'avait faite en s'abandonnant. Complètement.

"L'Abandon Complet" c'était le maître mot.

Mais pour ça, il lui avait caressé non seulement son corps, mais aussi son âme. Il avait parlé. Il avait dit. Il avait dit la beauté de son corps. Il avait dit le charme de ses formes. Il avait dit la douceur de ses seins, la senteur de son clitoris, la chaleur de son vagin. La lumière de ses yeux, la fraîcheur de sa peau. La force de son regard.

Il lui avait dit tout cela et bien d'autres choses encore. Et elle s'était sentie bercée par ses paroles de tendresse, portée dans ces paroles d'amour, voyager dans ces paroles de bonheur. Il avait caressé son corps de ses mains douces et avait caressé son âme de ses mots tendres.

Et elle s'était laissée aller. Et elle était sortie de son corps. Et elle avait enfin lâché la bride de son corps et ne l'avait plus analysé faisant l'amour et ne s'était plus analysé faisant l'amour. Non; elle même ne faisait plus l'amour dans son corps. Elle faisait l'amour à l'âme de l'autre. Les deux âmes faisaient l'amour et les deux corps faisaient l'amour. Chacun de leurs côtés. Les corps étaient enfin libres, libres de toute réflexion, libres de toute retenue.

Alors, elle avait joui. Elle avait d'abord senti comme une vague venant de loin, de très loin. Son esprit s'embrumait. Elle se sentait partir. Elle se sentait mourir. La vague grossit, grossit puis la submergea. Ce n'était plus une vague, mais une véritable lame d'océan. A partir de ce moment, elle ne se rappelait plus de rien. S'était-elle évanouie ? Non, lui dit-il. Tu n'étais pas évanouie. Simplement tu n'étais plus là, tu étais dans les bras de Dieu. Tu étais bercée dans le sein d'Abraham.

Il se leva et mis sur la platine un vinyl de Louis Armstrong. Elle connaissait bien ce disque "The good book" Des negro-spirituals. Elle adorait. Il mit directement le titre "Rock my soul" Louis chantait "Rock my soul in the bosom of Abraham" Berce mon âme dans le sein d'Abraham. C'était vraiment ce qu'elle avait ressenti.

Oh ! Lui ! Il comprenait tout d'elle.

Il la connaissait mieux quelle même avait cru se connaître.

Elle avait envie de s'endormir contre lui.

Et ne pas se réveiller.

Elle était bien. trop bien.

C'était donc ça, l'Amour ?