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Les treize brigands de Galilée

 

Evangile selon Jacob

 

Jacob était penché sur son aiguille, essayant d’y enfiler un bout de fil noir. Il avait déchiré la manche de sa vieille tunique et n’avait rien trouvé de mieux qu’un bout d’étoffe vert pour la repriser. Un morceau de tissu vert sur une tunique bleue foncée. Bah ! il ne dépareillerait pas dans la dégaine de la troupe.

La troupe ! ils se supportaient de moins en moins. Jacob sentait bien que la fin était proche. Ils allaient bientôt se séparer. L’atmosphère devenait trop tendue entre les onze. Jadis, ils étaient connus comme « les treize brigands de Galilée » mais depuis l’histoire, ils n’étaient plus que onze. Onze compagnons ? ben, non. Onze amis ? Ah ça non, alors ! Tout au plus onze compères…

N’y voyant pas grand chose, il s’approcha de la fenêtre, passa derrière la lourde tenture pour être sous les derniers rayons de la journée. Les tentures étaient de brocard. La demeure était riche. Ils y étaient depuis deux jours, vidant les réserves du garde manger. Il aurait bien piqué un des vêtements de la commode, mais leur règle le lui interdisait : Ne jamais emporter quelque chose de compromettant. de l’argent, de l’or, oui, c’est anonyme. De la nourriture, bien sûr, et c’était là leur but premier, mais pas d’objet qui puisse les relier à un meurtre.

Dans ce cas, un double meurtre, même. Ils avaient sans état d’âme trucidé le fermier et sa femme dans cette ferme isolée aux confins entre la Galilée et la Samarie. Leur territoire de prédilection.

La porte s’ouvrit derrière lui et sans réfléchir, il se tassa derrière la tenture. Ils étaient plusieurs. Quatre ou cinq. Il entendit des tabourets racler le sol et la voix de Simon retentit. Ce n’était pas pour rien qu’on le surnommait le ROC. Il avait une voix dure comme une pierre. Le cœur aussi. Il était le premier à égorger, même quand ce n’était pas indispensable, ni même utile.

Il se voulait aussi le premier des treize, ce qui avait entraîné la fameuse histoire entre lui et l’autre, Joshua, qui se voulait lui aussi le chef…

La voix de Simon lui parvenait un peu étouffée par la tenture. Il disait quelque chose au sujet de l’histoire. Il fallait inventer quelque chose pour expliquer la disparition des deux il y a trois jours. Expliquer à qui ? Jacob ne comprenait pas bien. Marc prit la parole. « Mais que raconter, alors ? ». Chacun intervint. Jacob reconnut les cinq compères : il y avait là, Simon, Marc, Luc, Matthieu et Jean. Jean, son propre frère !

Ils étaient en train d’inventer une de ces histoires !!! il entendit souvent le mot « miracle » revenir. Si on les croyait, ils étaient tous en train de devenir des saints… Le Joshua devenait un prophète qu’ils auraient suivis…

Il comprit que l’histoire était pour leurs propres parents. Ils allaient devoir expliquer leur absence de plusieurs mois sans qu’on puisse faire le rapprochement entre eux et les treize brigands.

Les deux Simon, André, Jacques, Jean, Philippe, Barthélemy, Thomas, Matthieu et Thaddée et lui même Jacques allaient sortir à leurs parents une histoire sordide pour leur faire croire à leur bonne moralité…

Et Simon au cœur de pierre demandait aux quatre autres d’écrire la même histoire, chacun à sa manière, de façon qu’elle soit crédible vis à vis de leurs familles. Leur refaire une virginité en quelque sorte.

Virginité, il en était en ce moment même question dans leur discussion. Mais qu’est-ce qu’ils allaient chercher ? Joshua serait le fils d’une femme vierge ? Simon leur répétait : « Plus c’est gros, plus ça passe ! » et en plus le coupable final serait le petit Judas… Judas le timide, Judas le craintif, Judas, l’inconsistant…

Lui, la connaissait bien, l’histoire. Une simple affaire de guerre de chefs entre Simon et Joshua. Ce Joshua ! Aussitôt arrivé dans la bande, il avait voulu faire le malin. Et vas-y que je te contredis et vas-y que je te parle en sous entendus. Il appelait ça des paraboles. Paraboles ? Conneries, oui… et farceur avec ça. Il avait fait avec Matthieu le coup de la main de sel plusieurs fois, et ça leur avait valu quelques oboles. Mais c’était plus pour rigoler que pour demander de l’argent aux pauvres incrédules.

Matthieu faisait tremper sa main quelques minutes dans un tonneau d’anchois et la laissait sécher au soleil. Il s’ensuivait une croûte de sel qui la faisait ressembler à une peau morte, une sorte de main de lèpre. Et en public, Joshua arrivait et serrait bien fort la main de Matthieu dans la sienne. Bien sûr, la croûte de sel se cassait et tous les compères complices s’écriaient « il a guéri un lépreux ! »

Qu’est-ce qu’ils avaient ri !

Mais il y a trois jours, ça avait mal fini. Joshua voulait garder une plus grosse somme que les autres car il était devenu maintenant la vedette de leurs spectacles. Alors qu’ils avaient toujours partagé en treize parts égales. Même quand c’était Simon qui était le chef, il ne prenait pas plus que les autres. Et ce Joshua qui voulait une part double !

Il ne s’était pas fait que des amis…

Il y a trois jours, revenant à leur repaire du moment par un sentier sinueux au-dessus d’un petit ravin, une querelle avait encore éclaté entre Simon et Joshua. La troupe avait pris dans l’ensemble parti pour Simon, d’abord parce qu’il était le chef historique et puis parce qu’avec lui, les parts restaient égales entre tous.

Joshua l’avait senti, et revenant en arrière sur sa demande, avait dit qu’il s’était trompé, que ce n’est pas ce qu’il avait voulu dire et na na na et na na na. Le tournant de la dispute fut pris quand il dit : « Bon, ça va. je me suis trompé. Que celui qui ne s’est jamais gouré me jette la première pierre ! »

Comme un seul homme, pour plaisanter, nous nous penchâmes tous et nous primes une pierre en main et fîmes le geste de la lui lancer. Ahuri, il recula de plusieurs pas, et butant sur une pierre, il trébucha et tomba dans le tout petit ravin. Ce n’est pas la chute qui le tua mais sa tête heurta une pierre et il mourut à l’instant.

Ce fut la stupeur parmi nous. Nous étions tous là, une pierre à la main, ahuris. Tous ? non. Judas n’avait pas de pierre à la main. Il nous regarda et hurla :
« Vous l’avez tué ! Vous l’avez tué ! ». Marc lui dit « mais qu’est-ce que tu racontes ? Il est tombé ! C’était un accident ! »

« Vous l’avez tué ! Vous l’avez tué ! » répétait Judas.

Simon s’approcha de lui, et sortant son poignard, l’égorgea sur le champ. C’était vraiment lui, le chef !!! On était, pour la plupart, effrayés de ce qui s’était passé. Deux morts en quelques minutes…

Marc, Luc, Matthieu et Jean prirent de suite parti pour Simon. Ils allèrent chercher des pelles et ensevelirent sommairement les deux cadavres. Ces mêmes quatre qui maintenant étaient assis avec Simon-Pierre. Pierre, nous allons l’appeler maintenant. Pierre. Parce que l’histoire était placée sous la signe de la pierre. Pierres que nous attrapâmes, pierre sur lequel Joshua trébucha, pierre sur laquelle sa tête se cassa.

Jacques pensa que Pierre allait se tailler la part belle dans l’histoire inventée et que celle de Judas ne serait pas enviable. Ah ça, non !

Ils étaient maintenant tous sortis. Jacques n’avait toujours pas enfilé son aiguille. Mais qu’importe, ils allaient se séparer demain et personne n’entendrait plus parler des treize brigands de Galilée.

Seule l’histoire de Joshua et de ses compagnons (apôtres ?) resterait.

Quelle histoire incroyable !

Quelle histoire idiote !

Quelle histoire absurde !

Comme si quelqu’un allait un jour y croire !!!

 

 


 


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