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Chapitre de Jacob


Jacob serra bien fort la ficelle autour de la petite branche enlacée à la grosse branche. Il savait très bien comment il allait procéder. Il avait coupé deux grosses branches bien longues. Il les avait coupés à la même hauteur. Plus grandes que lui, Jacob. Quatre coudées. Il avait ensuite coupé huit branches plus fines, mais bien solides. Qui supporteraient son poids. D’une coudée de longueur. Il les attacherait à intervalles réguliers le long des grosses branches, les montants.

Il entendait ses fils jouer et se disputer à quelques mètres de lui. Onze fils, qu’il avait, Jacob ! Sa fille, sa seule fille, Dina, était avec sa mère Léa et sa tante Rachel. Elles cousaient. Elles étaient en train de visiter et réparer tous leurs vêtements et faisaient les bagages. Ils allaient partir demain. Demain, ils seraient loin de Charan.

Quelle histoire !

C’était après son rêve, à Jacob. Ce rêve, il l’avait fait vingt ans auparavant, quand il avait fui son frère Esau. Il avait eu peur d’Esau. Il était violent, Esau. Bon, c’est vrai. Il avait triché, lui, Jacob. Il s’était déguisé en Esau, qui était si poilu, avec de la peau de chevreau. C’était sa mère qui avait eu l’idée. Et son père Isaac, mourant, avait mangé le plat que sa mère avait fait pour lui. Et son père, croyant que c’était Esau, son fils aîné, lui avait fait la bénédiction. Il avait auparavant marchandé son droit d’aînesse à Esau et maintenant il lui avait volé la bénédiction de leur père. Menfin quoi ? C’était pas vraiment l’aîné, Esau. Ils étaient jumeaux. Et qui avait dit que le premier qui sortait était l’aîné ? Et pourquoi on dirait pas que le dernier qui sortait avait été le premier conçu ?

Bon, c’était une vieille histoire, tout ça. Mais ce rêve, il l’avait hanté toute sa vie. Il ne l’avait jamais compris. Des anges qui montaient et descendaient sur ce truc. Jusque dans le ciel. Aussi, maintenant, bien plus tard, il essayait de le construire, ce truc. Un truc sur lequel on pouvait monter et se percher. Bien sûr, pas jusqu’au ciel. Mais ce serait pratique pour cueillir les fruits trop hauts. Il finit de serrer une autre branche. Un autre barreau.

Il entendit des cris plus forts et des pleurs. Ca y est ! Les aînés étaient encore en train de chamailler le petit dernier, Joseph. Il cria : « Arrêtez de vous disputer, les enfants ! ». Mais bon. Il allait devoir y aller. Il cria : « Joseph ! Viens m’aider ! ». Quelques secondes après, Joseph apparut. Il avait des traces de larmes sur ses joues. Il s’était essuyé avec sa manche. Sa tunique était déchiré sur le côté. Jacob était en colère. Ses aînés étaient vraiment méchants avec leur petit frère. Mais bon. D’un côté, il pouvait les comprendre. C’était son fils préféré, Joseph. Le seul qu’il avait eu avec la femme qu’il aimait. Avec Rachel.

Après son rêve, il était arrivé à Charan et il avait rencontré Rachel. Il était tout de suite tombé fou amoureux d’elle. C’était sa cousine. Le père de Rachel, Laban, était le frère de Rébecca, sa mère à lui. Il l’avait été bien accueilli. Mais il l’avait fait travailler dur, Laban, à Jacob. Sept ans de travail sans salaire. Juste nourri et logé. Pour avoir Rachel. Et il l’avait trompé ! Il lui avait refilé Léa, sa fille aînée. La pauvre ! Qu’elle était moche ! Laban disait : « Elle a l’œil délicat ». L’œil délicat ! Elle louchait, oui ! Mais bon. Elle lui avait fait six fils et une fille. Au début, Rachel ne pouvait pas enfanter. Alors il avait fait aussi des enfants avec les deux servantes, Bilha et Zilpa. Ca lui avait fait quatre garçons de plus. Maintenant il avait onze fils et une fille. Et Rachel qui avait enfin accouché d’un fils, ce Joseph qu’elle gâtait tant, voulait encore un autre enfant. On verra ça quand on sera parti d’ici. Un petit dernier, un petit Benjamin. Il le fera quand il sera revenu dans son pays, à Beer Chéva. Oh comme il aimait son pays, Beer Chéva ! Le pays où il était né.

Il fallait partir, maintenant. Laban était loin, avec ses fils. A trois bonnes jours de marche. Il allait prendre ce qui lui appartenait et partir dans son pays. Il ne fuyait pas, mais quand même, il craignait la colère de Laban. Il avait pourtant travaillé vingt ans pour Laban. Vingt ans ! Il n’allait pas partir sans rien. Ils s’étaient mis d’accord. Laban lui avait : « Tu prendras les bêtes tachetées, rayées ou mouchetées. Moi, je garde les blanches. Les blanches, c’étaient les plus belles, mais surtout les plus nombreuses. Il avait accepté, Jacob. C’est qu’il était malin. Faut dire que les gens, ils étaient un peu frustes. Esau et Laban, il les avait trompés tous les deux. Mais il n’avait fait, dans les deux cas, que prendre ce qui lui appartenait, hein ? Il n’avait jamais rien volé.

Mais voilà. Il était plus intelligent que les autres. Il savait qu’en les croisant habilement, un bélier tacheté et une brebis blanche, ça faisait plus de petits tachetés que de petits blancs. Et un bélier blanc et une brebis tachetée, pareil. Alors, il avait fait attention à bien séparer le troupeau quand les brebis étaient en chaleur. Et voilà. Maintenant, la grande majorité du troupeau était tacheté. Donc à lui, Jacob. Laban était en colère. Et ses fils encore plus. C’est pour ça qu’il partait discrètement, Jacob, avec ses enfants. Il se disait : « je crois que j’ai inventé la science des générations. Je vais appeler ça la génétique ! ».

Il leva les yeux sur Joseph. Oh lala ! Mais comment il était habillé, aussi, ce Joseph ! Sa mère, Rachel, lui avait fait une tunique toute brodée avec plein de couleurs. Il était magnifique, Joseph ! C’est vrai qu’il y avait de quoi aviver la jalousie de ses frères. Le petit Joseph ! le souffre douleur ! Jacob pensa qu’il devrait en toucher un mot à Rachel. Elle ne faisait pas le bonheur de son fils, en le gâtant comme ça. Qui sait comment ça pouvait finir ? Ses frères le tueraient peut-être ou le vendraient comme esclave à des Ismaéliens ! Que Dieu nous en préserve !

Il dit : « Joseph, mets ton doigt ici, sur ce nœud, pendant que j’en fais un autre qui le serrera bien. »
Joseph demanda :
- Qu’est-ce que tu fais ?
- Un truc pour grimper aux arbres.
- Ah ? Et comment ça s’appelle ?
- Ben , je sais pas… une échelle !

 

 


 


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