le blog'notes

 

le Blog'notes de Charlot du 13

 

les laskar

 

Charlot du 13

 

L'ouverture de ce blog-notes
Mes aventures avec l'administration
Mes aventures avec la maladie
Pages éparses de ma mémoire
Moi, sexygénaire
Mes amours, mes emmerdes
Atelier d'écriture
Diverses élucubrations
L'ancien testament
Le big bang
Les offrandes
Quel déluge !
Le grand chantier
Sur le mont Moriah'
Ca rigole pas
L'échelle
Retour en Egypte
Les Evangiles au XXIème siècle
Vos commentaires
 
Hommage à Jo-Vy
 
Hommage au vrai Charlot
 
Mais oui, vous êtes sur un site des
LASKAR & CO
Le grand chantier

 

Récit de Pélèg


Quelle pagaille ! Quelle confusion ! Quel bilboul ! Quel bordel !

Pélèg n’en revenait pas. Tout marchait si bien. Ils avaient formé des équipes bien rôdées. Les meilleurs travailleurs de tous les régions s’étaient rassemblés ici. Faut dire qu’on avait fait de la publicité pour ce chantier.

« Ouvriers de tous les pays, unissez-vous ! » - « Venez construire la plus grande tour du monde ! » - « Il y a du travail pour tous les bons ouvriers ! »

Le bruit s’était répandu partout. Ils étaient venus de toutes les régions de la terre. Faut dire que Nemrod, le roi, avait mis les moyens. C’était un homme puissant, Nemrod. Un grand roi. Et comme tous les rois, il adorait la chasse. C’était un grand chasseur, Nemrod.

Il avait bien organisé son chantier. Ils travaillaient par roulement. Certains le matin, certains le soir. Certains fabriquaient les briques de terre cuite, certains fabriquaient le bitume, certains les transportaient, certains les posaient. Ils appelaient ça « du travail à la chaîne ». Pourtant ils n’étaient pas enchaînés… Ils étaient tous venus ici de leur plein gré. Pélèg supposa que ça voulait dire qu’ils travaillaient à la suite les uns des autres. C’était plus fatiguant que le travail normal où on fait les objets de A à Z, mais c’était plus performant. Et puis, ça payait bien.

Ca payait même très bien. Cela faisait maintenant plusieurs années que le chantier avait commencé, et Pélèg retournait dans sa famille deux fois par an, à Ur. Il avait à chaque fois une belle somme avec lui et donnait l’argent à sa femme qui élevait leur fils Réhu et leurs autres enfants. Il était beau, Réhu ! Il promettait ! Il aurait sûrement une belle lignée. Pélèg était fier. Il aimait Ur, son pays. Il aimait sa famille, sa femmes et ses enfants, ses parents, ses aïeux. C’est qu’ils étaient nombreux à la maison : Il y avait son père Héber, et le père de celui-ci, Schélach, et le père de celui-ci, Arpacshad, et le père de celui-ci, Sem. Le père de Sem était encore en vie, mais il n’était pas à la maison. Noé, il s’appelait. Il devait avoir près de 750 ans.

Et voilà qu’il s’en revenait maintenant. Le chantier arrêté pour cause technique, ils avaient dit. Pourtant, ce n’était pas la terre qui manquait, ni le bitume, qui arrivait régulièrement de la mer morte. Non. Ca avait été un truc bizarre. Un peu surnaturel. Pourtant son aïeul Sem lui en avait raconté, des choses bizarres et surnaturelles. Il avait construit avec son père Noé et ses frères Cham et Japhet un gros bateau parce que les Dieux étaient en colère contre la méchanceté des hommes. Alors, le Dieu de la Pluie il avait envoyé beaucoup de pluie, un vrai déluge, et tous les gens méchants étaient morts. Mais voilà que la méchanceté était revenue avec leur frère Cham. Il s’était moqué de leur père Noé. Et Sem lui avait dit, à lui, Pélèg : « Fais attention, dans ce chantier. Le roi Nimrod est un descendant de mon frère Cham. C’est un méchant ! »

Mais bon. Ca s’était bien passé jusqu’à l’autre matin. Le chantier marchait bien. Ils avaient d’abord fait des fondations très solides. Un carré de mille coudées de coté. Mille coudées ! Un truc énorme ! Ils avaient commencé à construire une sorte de pyramide carrée. Les chefs ils disaient qu’il voulaient aller jusqu’au ciel. Lui, Pélèg, ne savait pas. Il ne savait pas lire ni écrire mais il savait compter jusqu’à mille. Mais les calculs compliqués d’angles et de construction, il ne savait pas.

Mais le problème, c’était que la veille au matin, ils s’étaient tous retrouvés sur le chantier, comme d’habitude. Mais les ouvriers parlaient un vrai charabia. Il n’avait rien compris, Pélèg. Et les autres, non plus. C’est comme si leur bouche faisait un bruit bizarre. Au lieu des mots normaux, il sortait des mots bizarres. Mais le plus curieux, c’est que certains ouvriers se comprenaient entre eux. Ah ça, par exemple ! Pélèg, il arrivait encore à parler avec ses copains d’Ur. Mais il ne comprenait plus ceux qui venaient d’Occident ou d’Orient. Mais ceux-ci se comprenaient entre eux. C’est comme si chaque pays avait sa propre langue ! Ils ne pouvaient plus travailler ensemble. Alors, ils avaient décidé de retourner tous chez eux.

C’est comme ça que Pélèg se retrouvait au chômage sur le chemin de sa maison, à Ur.

C’était dommage !

Elle était belle, cette tour, à Babel !

 

 


 


Parse error: syntax error, unexpected ',' in /home/clients/4c8e9f293113794b8f58b65ba6fba00c/web/charlotdu13/Htm5Playlist/vu/Player.php on line 36