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le Blog'notes de Charlot du 13

 

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Charlot du 13

 

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Dans l'urgence

 


Vous pouvez penser ce que vous voulez, mais ça ne venait pas de moi. On m'a demandé de le faire, l'idée n'était pas de moi. Cette idée étrange et fascinante s'est ensuite imposée à moi comme une évidence. Qui me l'a demandé, me dites-vous ? Ma Voix. J'ai refusé. On m'a proposé, c'est-à-dire, ma voix m'a proposé de le faire dans l'urgence. Immédiatement, là, maintenant, tout de suite. J'ai hésité. on m'a encore demandé et là, je ne pouvais qu'accepter. J'ai alors acheté ce couteau, ce couteau de sacrifice, ce couteau de boucher. Mais je ne voulais pas m'en servir comme ça. Et puis, on m'a obligé de le faire. Ma voix emplissait ma tête. Je n'avais plus le choix. Je n'entendais plus rien qu'elle. Elle criait. Elle s'imposait. Ensuite, on m'a interdit d'attendre plus longtemps. Je n'ai pas eu le choix. Il fallait le faire immédiatement, là, maintenant, tout de suite.

Alors, à minuit, vêtu de noir, cagoule sur la tête, je suis descendu dans la rue. J'avais dans la poche de mon blouson noir le couteau de boucher entouré d'un chiffon pour ne pas me blesser. J'ai cherché comment et quoi faire pour échapper à ma voix qui m'entraînait dans ce gouffre. Le gouffre noir, le gouffre rouge du sang et du meurtre. Seul, au bord de la Seine, sur le quai désert, j'ai hurlé quand ma voix m'a dit de chercher une jeune fille jeune et fraîche, jeune et blonde, jeune et vierge. J'ai sorti le couteau de ma poche, j'ai enlevé le chiffon. J'ai pris le couteau bien en main. Ma voix m'imposait le portrait de ma victime ? J'ai frappé l'air avec mon couteau. Je dessinais de grands cercles de mon couteau comme pour tuer ma voix. Ma voix qui hurlait maintenant. Après j'ai couru le long de la berge. Heureusement, personne. Tout était désert. Désert ? Pas vraiment.

Je suis tombé dans un guet-apens. Un jeune homme cagoulé de noir, un petit couteau à la main, en voulait à mon argent. Quand il me vit, cagoulé de noir moi aussi mais pesant 30 kg de plus que lui et un couteau grand comme trois fois le sien, il s'enfuit à toute jambe, laissant là un sac à main, maigre butin de la soirée. Je sautais par dessus le sac et me mis à le poursuivre. Je n'ai rien compris quand je l'ai perdu de vue. S'était-il caché dans un recoin ? Avait-il réussi à monter les marches du quai et s'était-il réfugié dans les ruelles ? Je restais là, pantois. Seul sur ce quai, je me sentais idiot. J'aurais voulu disparaître, arrêter ce cauchemar et rentrer à la maison. Je voulais faire cesser cette voix. Ma Voix. J'avais réussi à l'assourdir dans ma course poursuite. Mais là, maintenant, elle était revenue plus forte que jamais. Je remis dans ma poche l'arme. Mon couteau de sacrifice, mon couteau de boucher. je fis demi tour et m'efforçais de marcher d'un pas tranquille. Pendant un instant, j'ai voulu oublier pourquoi j'étais là, sur ce quai, un couteau de boucher en poche.

La lumière aveuglante d'une lampe torche me fit cligner des yeux. Quand elle s'écarta de mon visage pour fouiller le bas de mon corps, j'ai vu que j'avais affaire à un couple de policiers. Une patrouille. Une homme et une femme. Une femme belle. Jeune et fraîche, jeune et blonde. Allaient-ils m'arrêter ? Mais pourquoi ? Je n'avais encore rien fait de mal. J'étais cagoulé, tout de noir vêtu, un couteau en poche. J'étais suspect, c'est le moins qu'on puisse dire. Mais j'étais innocent. Je n'avais rien voulu de tout cela. Etais-je vraiment coupable ? Et si oui, de quoi ? D'avoir voulu tuer une jeune fille, jeune et fraîche, jeune et blonde, jeune et vierge ? Oui, coupable devant Dieu. Mais pas devant les hommes. On n'est coupable que de ses actes, pas de ses pensées.

Oui, Monsieur l'agent, je rentre chez moi. Oui madame l'agent, je travaille tard. La cagoule ? Mais vous avez vu ce froid ? Oui, il fait 23°, mais je suis frileux. Oui, madame, je rentre du travail. Ce couteau monsieur l'agent ? C'est mon outil personnel de travail. Oui, Madame. Je travaille dans un abattoir.

Non, la justice des hommes ne m'aura pas.

Pas tant que je n'ai pas commis un crime. Mais si ma voix s'arrêtait avant ce crime ? Si je la faisais taire une bonne fois pour toutes ? Je ris aux éclats tout seul de ma bonne idée. Ah ah ah ! Oui ! Voilà ce qu'il faut faire ! Il ne faut pas tuer une jeune fille jeune et fraîche, jeune et blonde, jeune et vierge. Il faut tuer la Voix. C'est décidé ! Je rentre chez moi et Ah ah ah ! je me fais hara-kiri.

 

 

 


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