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Charlot du 13

 

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Il était une fois un royaume très heureux. Le roi était un bon roi. La reine, une belle reine. Le royaume était riche. La terre, bonne et grasse, donnait des blés à foison, des légumes énormes et des fruits bien juteux. Bref, c’était un royaume heureux.

Bien sûr, les villageois savaient qu’ailleurs, il y avait des guerres. Mais il y a toujours une guerre quelque part, n’est-ce pas ? Ils savaient aussi qu’un ogre rodait dans les royaumes d’alentours, engloutissant la population de ces royaumes lointains. Mais quoi ? Tant que c’est chez les autres, on n’y pense pas, n’est-ce pas ?

Le roi et la reine avaient deux fils. Jeunes, beaux, bientôt à marier, mais tellement différents bien que c’étaient des frères jumeaux. Bien sûr, et surtout dans une famille royale où l’héritier est amené à régner, celui qui était sorti le premier était considéré comme l’aîné. Celui-ci était grand, fort, musclé. Achab était son nom. Il était l’orgueil de son père vieillissant. D’ailleurs, de l’orgueil, il en avait à revendre. Il aimait à battre ses valets à la lutte, à vaincre les chevaliers au tournoi et à ramener les plus gros gibiers. Le roi, attendri devant tant de force, lui qui devenait vieux et malade, disait « Celui-ci sera un bon roi. Il est fort, courageux. Il fera un bon roi. »

Son frère David, le cadet, était l’exact contraire de l’aîné. Doux, rêveur, il était le préféré de la reine sa mère. Comme elle, il n’aimait pas la violence. Il aimait chanter en jouant de son luth. Il avait une voix douce mais puissante à la fois. Quand il chantait les louanges de Dieu, même les anges s’arrêtaient pour l’écouter et pleuraient devant tant de beauté.

« Encore ces psaumes ! Les psaumes de David ! » râlait Achab. Il ne cachait pas la haine qu’il avait de son frère. Pas devant son valet. Celui-ci avait fini de l’habiller pour le combat et lui tendit son épée. « Non, mais quel frère ai-je donc ? Pas capable de se battre, pas capable de guerroyer, même pas capable de monter à cheval ! » Le serviteur approuva de la tête. A vrai dire, ce valet aurait peut-être préféré servir ledit frère cadet, plus calme, plus gentil. Son maître était méchant et imprévisible. Lui même, valet, ne remplaçait-il pas le vieux serviteur mort d’un coup d’épée en travers de la gorge parce qu’il avait osé critiquer le seigneur Achab ? « Je le hais, je le hais, je le hais, lui et ses chansons ridicules ! »

Un jour, un grand malheur arriva au royaume. On entendit des pas lourds résonner dans la forêt avoisinante et quelques arbres se cassèrent net, écrasés par un pied. Un pied ! Un pied géant ! Puis un deuxième pied, tout aussi géant se posa en cassant d’autres arbres. Quand les villageois levèrent la tête, ils virent là-haut, tout là-haut l’effroyable ogre de l’éclair. Oui, celui-là même qui ravageait les royaumes voisins depuis tant d’années et dont on se moquait en disant « merci mon Dieu, c’est pas chez nous » Oui, l’ogre de l’éclair était arrivé. Il avait jusque là épargné le royaume. C’en était fini, de la paix et de la tranquillité.

On le connaissait. On disait que cet éclair avait le pouvoir de le faire grandir toujours plus et plus. Et plus il était grand, plus il avait faim. Plus il engloutissait de gens. L’horreur ! Il fut immédiatement digne de sa renommée. Il leva une sorte de bâton de fer vers le ciel et cria : « Cric et croc – éclair de bric et de broc ! » Aussitôt des nuages se formèrent instantanément et un éclair formidable en sortit dans un zigzag foudroyant. L’éclair traversa le bâton de fer, traversa l’ogre de la tête aux pieds qui resta un instant immobile dans un nuage de fumée. On sentait le brûlé. On sentait le feu. Etait-il mort ? Non, quand la fumée se dissipa, on vit que l’ogre avait encore grandi !

Il se pencha, prit entre le pouce et l’index la petite du boulanger, celle qui allait se marier la semaine prochaine, il ouvrit la bouche et hop ! il l’engloutit d’un coup. Tout le monde cria d’effroi. Ce fut une fuite générale, éperdue. Tout le monde courait vers le village. Seuls quelques enfants isolés et quelques vieillards ne purent s’enfuir à temps. Ils finirent illico dans la bouche de l’ogre. Qui repartit. Et revint le lendemain. Au même endroit. Il refit le même geste : il leva son bâton de fer « Cric et croc – éclair de bric et de broc ! » Là, personne n’avait attendu mais les retardataires payèrent de leur vie leur lenteur.

Et le troisième jour, au matin, le roi réunit son conseil : « Ah ! dit-il, comme je regrette de vous avoir écouté ! Si nous avions, comme je le désirais, prêté main forte à nos voisins pendant qu’il était encore temps ! Si nous les avions aidé à se débarrasser de cet ogre qui n’était pas encore si grand ! Maintenant, c’est trop tard ! Ah vous ! Maudits conseillers ! Pourquoi vous ais-je écouté, vous et vos « Tant que ce n’est pas chez nous ! » Bon. Mais maintenant, il faut agir. On ne va pas laisser l’ogre dévorer tous nos villageois pour à la fin s’en prendre à nous-mêmes. Sachez que si je n’étais pas si vieux et pas si malade, j’irais sur le champ le combattre. Mais heureusement, la relève est là. »

Les deux fils faisaient partie du conseil royal. Ils étaient princes de sang. « Mon fils, dit-il en s’adressant à Achab, si tu arrives à faire fuir l’ogre, je n’attendrais pas pour te laisser ma place. tu seras roi tout de suite ! » Tous les regards se tournèrent vers Achab qui pensait que voilà un moyen de se débarrasser de ce foutu jumeau et qu’il n’avait quant à lui, pas envie de finir dans la bouche d’un ogre. Il valait mieux aller voir ailleurs. « Heu... c’est à dire que heu... cette semaine, j’ai prévu d’aller visiter la princesse ma fiancée dans son royaume. Mais je pense que David s’en sortira très bien. »

Le roi et les ministres étaient effondrés. Mais où était passés le courage, la force, la témérité d’Achab ? Les regards se tournèrent donc vers David. le rêveur qui fit « Hein ? Ah oui. L’ogre. Bon. S’il faut j’irai le combattre et le chasser. Mais j’ai besoin d’une journée pour me préparer. » Une journée ! Cela voulait dire qu’aujourd’hui encore, il allait y avoir encore des morts. Mais comment refuser une journée de préparation à ce doux rêveur qui aurait eu besoin de plusieurs années pour se préparer... Il en fut décidé ainsi.

David rentra dans sa chambre. Sa marraine. Il avait besoin de sa marraine. La fée verte. La bienfaisante. Elle n’était apparue qu’une fois dans sa vie à sa naissance pour lui donner en cadeau son luth merveilleux et cette voix qui faisait pleurer les anges. Trois. Il n’avait le droit qu’à trois appels à la fée, sa marraine. Sa naissance incluse. Donc il lui restait deux recours à la fée et ma foi, il se disait que c’était l’occasion où jamais. Il ouvrit son coffre et en sortit la boite qu’il avait reçue à sa naissance. Il avait souvent ouvert cette boite et contemplé le parchemin sur lequel était écrite la formule d’incantation qu’il n’avait le droit de prononcer que deux fois. Il récita « je t’invoque, Fée verte, ma marraine, viens à mon secours, moi, ton filleul, le fils cadet de la reine. » Et aussitôt une fée verte apparut. Il lui raconta toute l’histoire, l’ogre, l’éclair, la gueule engloutissant les habitants...

Elle fit : « Tu a bien fait de m’appeler. Je vais te confier à Blanche. Elle connaît et possède un pouvoir sur les éclairs et le feu du ciel. Elle saura dompter l’éclair de l’ogre. Sans son éclair, l’ogre est petit. Sans son éclair, l’ogre n’est rien. Tiens, je te donne une fronde magique. Ses projectiles atteignent toujours leur but. Et je t’envoie Blanche » Sur ces mots, elle disparut dans une vapeur verte. Quelques minutes après, une vapeur blanche se forma discrètement au centre de la pièce et apparue une fée ! Oh une fée ! David n’avait jamais rien vu d’aussi beau. Une fée blanche comme la neige et belle comme un soleil. David resta bouche bée. Blanche vit bien qu’elle lui faisait de l’effet et ma fois, c’était un joli garçon, lui aussi, mais elle était une fée.

Il lui fallut tout raconter de nouveau, toute l’histoire, l’ogre, l’éclair, la gueule engloutissant les villageois... Blanche réfléchit et dit :
« je vois bien de quel éclair il s’agit. Je sais l’inverser. Demain, à l’heure où l’ogre arrive, »
« à la mi journée la coupa David, c’est l’heure de son repas »
« Bien, un peu avant la mi-journée, tu iras à l’endroit où l’ogre apparaît. Tu auras soin de prendre ta fronde et quelques pierres bien grosses qui feront de bons projectiles. Ne t’en fais pas, je serai à tes côtés, mais toi seul me verras. »

Le lendemain à l’heure dite, David était là, au bord de la forêt, à quelques mètres des arbres cassés. A ses pieds, une douzaine de pierres bien grosses, bien rondes, de bons projectiles sans nul doute. Dans sa main, la fronde déjà armée d’une première pierre. Il était seul. Plus aucun villageois ne s’aventurait dans la clairière à cette heure là. Mais la veille non plus, il n’y avait eu personne. Cela n’avait ps empêché l’ogre de faire quelques pas de plus et de rentrer dans le village en écrasant quelques maison et engloutissant quelques passants.

Il sentit une présence à ses côtés. Il se tourna. Blanche était là. Mais qu’elle était belle ! Elle vit son émoi. Elle lui sourit. Il lui plaisait bien aussi, le bougre. C’est vrai qu’en plus, hier, il lui avait chanté quelques chants et ma foi, cela lui avait bien plu. Surtout qu’il avait improvisé un chant d’amour pour une dame blanche, ça l’avait flattée. Ah si elle n’avait pas été une fée !

Bon. Ce n’était pas le moment de rêvasser. Elle dit : « Quand le géant lève son bâton de fer, tu tireras une pierre. Mais pas sur lui, sur le bout du bâton, celui qu’il lèvera vers le ciel. Et tu réciteras « Bric et brac, éclair, tu n’es qu’une... » Il ne put pas entendre la fin, car on entendit un bruit gigantesque ; l’ogre venait d’arriver. Devant la petitesse de David et le ridicule de sa fronde, le géant rit à gorge déployée. Bon sang ! Cette gorge ! Si Blanche n’avait pas été à ses côtés, sûr que David aurait été mort de peur. Mais Blanche était là. Il avait confiance en elle.

L’ogre leva son bâton au ciel et cria « Cric et croc – éclair de bric et » Blanche cria « Vas-y ! » Il fit tournoyer sa fronde et lança sa pierre qui fit tinter le bout du bâton. L’ogre ne s’en aperçut même pas mais il sembla à David que le bâton s’était déformé. Un peu. Au bout. Blanche cria : « Allez, dis l’incantation ! » Il dit : Cric et crac, éclair tu n’es... » il ne savait pas la suite. Blanche le regarda stupéfaite. Il vit bien qu’il la décevait. Alors il improvisa : « Cric et crac, éclair tu n’es qu’une flaque » Ouf ! Un sourire sur le visage de Blanche. Ouf ! Au lieu de l’éclair jaune, un éclair vert apparut et tomba sur la bâton qui se déforma encore un peu, et tomba sur l’ogre.

Quand le nuage de fumée disparut, il fallut à David baisser les yeux pour découvrir un géant qui avait, ma foi, pas mal diminué : Au lieu des cent coudées qu’il faisait il y a un moment à peine, il n’en faisait plus que dix. Ahuri et fou de rage, il leva de nouveau son bâton : « Cric et croc – éclair de bric et » Blanche lui cria : « Vas-y ! lance ta pierre ! » Il envoya une seconde pierre qui vint tinter contre le bâton qui maintenant ressemblait plutôt à une canne. Il cria« Cric et crac, éclair tu n’es qu’une flaque » et de nouveau l’éclair vert et de nouveau le nuage de fumée et cette fois David dut baisser les yeux bien bas pour voir un géant d’une coudée, qui ne lui arrivait pas même à mi-jambe et qui hurlait de rage. Mais il fallait cette fois tendre l’oreille pour l’entendre.

Le petit ogre leva son bâton. En faisant bien attention, on pouvait entendre une petite voix qui faisait « Cric et croc » Alors David recommença encore une fois : la pierre sur le bâton (heureusement que la fronde était magique car c’était maintenant une petite aiguille qu’il fallait viser ; l’incantation, l’éclair vert et après l’écran de fumée, puis plus rien. Blanche lui dit : « Ne le laisse pas s’échapper. Il est capable de grandir à volonté » David courut à l’endroit où se tenait quelques moments auparavant un géant de cent coudées et vit une petite fourmi, habillé des habits de l’ogre qui s’enfuyait dans l’herbe. Il leva le pied et... l’écrasa de sa jolie sandale.

Nul besoin de dire la joie du royaume. Nul besoin de décrire la joie du Roi et de la Reine. Quant à Achab, on ne sut jamais sa réaction, car on ne le vit plus jamais. Le lendemain, on prépara le sacre car le roi n’avait qu’une parole. Il abdiquait en faveur de David. On annonça une certaine Dame Blanche qui se présentât en disant que le roi David la connaissait très bien... David courut à l’entrée du château. Oui, c’était bien Blanche ! Elle avait renoncé à ses pouvoirs de fée pour devenir une humaine, une simple mortelle ! Elle l’avait fait par amour.

Fou de joie, David lui tendit la main et on eut droit cette fois-là, à un sacre et un mariage royal de grande qualité. Tout le royaume s’accordait sur la beauté et la gentillesse des époux royaux.

Et ils vécurent heureux et s’ils ne sont pas morts, à ce jour ils vivent encore.

Et David n’a pas eu besoin, pour le moment, d’appeler la Fée Verte, sa marraine, une troisième fois.


 

 

 


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