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le Blog'notes de Charlot du 13

 

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Le voyage de noces

 

« Tu veux pas qu’on refasse un check-up des bagages, Hélène ? »
« Jean-Pierre, on en a déjà fait trois ; deux hier et un ce matin »
« Oui, mais j’ai peur qu’on ait oublié quelque chose. J’ai l’impression qu’il manque quelque chose de primordial, mais je sais pas quoi »
« Il me manque des heures de sommeil » pensa Hélène un peu trop fort
«  Quoi ? Qu’est-ce que tu dis ? »
« Rien. Je réfléchissais à ce qu’il pourrait manquer » dit Hélène tout haut et elle ajouta en elle-même : « dans ma vie »
Elle n’en pouvait déjà plus. Tellement de préparatifs en même temps... Pourtant, ils n’étaient pas le premier couple à partir en voyage de noces tout de suite après le mariage, mais elle avait toujours imaginé son mariage et le départ en voyage de noces autrement. Une voiture rouge décapotable avec une banderole « Just married » et des casseroles attachées au pare choc arrière. Elle aurait jeté son bouquet de fleurs par dessus son épaule et c’est Martine, sa meilleure amie, qui l’aurait attrapé. La prochaine mariée... et elle, Hélène, aurait sauté dans la décapotable de sport en riant aux éclats et lui, lui... aurait démarré en trombe en riant aussi.
Elle avait peut-être trop vu de comédies américaines. D’ailleurs, dans son imagination, le marié il avait plutôt la tête de Cary Grant...
Mais c’est avec Jean-Pierre qu’elle allait se marier demain samedi et partir à Florence le dimanche matin. Le train partait à neuf heures. Donc c’est vrai que c’était maintenant vendredi soir qu’il fallait boucler les bagages. Mais elle était crevée.
« Tu sais, je crois que depuis deux mois, on passe notre temps ensemble à faire des check-up. Check-up de formalités de mariage, check-up de la liste des invités, de la commande au traiteur, du plan de table de la soirée et maintenant des bagages du voyage de noces. Je suis un peu fatiguée. Demain va être une longue journée »
Il lui semblait que Jean-Pierre avait enlevé tout romantisme à son mariage.
« Merde ! j’en ai marre déjà de ce mariage »
« Quoi ? Qu’est-ce que tu dis ? »
« Je disais que je ne croyais pas que c’était si fatiguant de se marier »
« Et oui ! C’est pour ça qu’on se marie qu’une fois ! »
« Ca, c’est toi qui le dit » pensa-t-elle et cette fois elle le pensa très bas. Elle en avait vu des divorces. Elle avait vu son propre père se remarier deux fois après son divorce d’avec sa mère. Et sa mère se remarier une fois. Quant à son propre frère, un mois après son mariage, il s’enfuyait avec sa belle sœur. Et depuis, divorcé, il convolait avec la sœur de son ex mais sans se remarier. Pas si bête...
« Je me marie demain et je pense déjà au divorce. Mais qu’est-ce qui ne va pas chez moi ? »
Pourtant, elle l’aimait ce Jean-Pierre. « Je l’aime ou je l’aime bien ? Est-ce lui dont j’ai rêvé toute mon enfance comme mari ? » La vérité était évidente. « Non. J’avais rêvé d’un grand blond romantique qui ressemblait à Cary Grant et me voilà avec Jean-Pierre Legros. Je vais m’appeler Hélène Legros. Et pourquoi pas Hélène Lagrosse ?
« Alors ? On le fait ce check-up ou pas ? »
« Oh, je crois que c’est pas la peine. Mais tu crois pas qu’on prend trop de vêtements ? »
« Tu sais, Florence, en Avril, on sait jamais s’il va faire chaud ou froid... »
« Mais Florence, c’est pas le désert. Si on a oublié quelque chose, on pourra l’acheter. »
« Oui, mais on n’est pas millionnaires non plus ! »
Ah ça ! Ils n’étaient pas millionnaires, loin de là. En camping ! Ils partaient au camping de Florence ! Tu parles d’un voyage glamour ! Si elle l’avait écouté, ils seraient partis en camping au bord de la mer. Mais elle avait tenu bon. Florence. Depuis le temps qu’elle en rêvait de ce voyage. Elle, elle l’avait rêvé à Venise. Mais bon. Ils n’avaient pas assez d’argent pour Venise. Surtout qu’il n’y a pas de camping très proche.
Ils se donneraient peut-être le droit à une ou deux trattoria pas chères mais l’ensemble de leurs repas serait constitué de pizza avalées sur le trottoir à midi et le soir de boites de conserves chauffées sur le petit réchaud du camping.
Elle osa : « Tu crois pas que c’est les affaires de camping qui prennent trop de place ? » Il avait catégoriquement refusé qu’elle prenne plus d’un livre. Lui-même n’en avait pas pris. Ce n’était pas un lecteur, Jean-Pierre. Il ne lisait pas. Dans ses rêves, l’autre, le Cary Grant, il lui aurait déclamé du Verlaine, du Baudelaire, même du Omar Khayam. Ils seraient partis sans bagages, vivant dans des hôtels de luxe. Il lui aurait acheté des nouveaux vêtements chaque jour, des nouveaux bijoux chaque jour. Ah ! Le mariage qu’elle avait rêvé ! Aux antipodes du sien !
Maintenant c’était à Jean-Pierre de se plaindre :
« Tu sais, les chek-up, ça m’amuse pas moi non plus ! J’ai raté le match de l’OM ce soir ! »
Hélène ne répondit pas.
Elle s’était pétrifiée de l’intérieur.
« Ah ! si je pouvais tout annuler ! »

 

 


 


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