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le Blog'notes de Charlot du 13

 

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Kouakou

 

Très loin d’ici, à l’ouest de l’Afrique, dans un joli pays qui avait autrefois un nom charmant « Côte d’Or » et qui maintenant s’appelait « Ghana » était né un joli petit garçon que ses parents avaient appelé Kouakou.

Pourquoi Kouakou, me demanderez vous ? Je vais vous expliquer. Il est d’usage, au Ghana, de donner certains prénoms suivant le jour de la naissance. Et comme ce bébé était né un mercredi, et que le mercredi c’est le jour des Kouakou, et bien on l’appela tout simplement Kouakou.

Ses parents vivaient dans un petit village au bord de la savane. Papa et maman adoraient Kouakou. Il faut vous dire que papa et maman avaient essayé depuis près de quinze ans d’avoir un enfant. Ils en avaient essayés, des choses ! Ils étaient allé voir des médecins. Mais comme Gbawe, la ville d’à côté, était une toute petite ville, il n’y avait qu’un tout petit dispensaire et pas de matériel pour faire de vraies analyses.

Il fallait aller très loin, jusqu’à Accra, pour trouver un hôpital digne de ce nom. Et partir à pied pour Accra aurait demandé des semaines et qui aurait nourri les deux mamies ? Les deux papis étaient morts pendant les guerres civiles qui avaient suivi les différents coups d’état militaires. Et les deux mamies étaient âgées et malades. Maman ne pouvait pas s’absenter si longtemps. Elle devait préparer les repas, s’occuper de la lessive, du ménage, bref le travail quotidien d’une femme africaine. Et papa devait travailler dur pour ramener de quoi acheter à manger. Impossible donc d’aller consulter de grands médecins.

Alors ils étaient allés voir des sorciers. Oh, combien de sorciers croyez vous ? Beaucoup, beaucoup ! Plus de dix peut-être ! Ils en avaient fait, des choses ! Ils avaient scarifié papa sur presque tout son corps, jusque sur son sexe ! Ils avaient fait des prières et des envoûtements sur maman. Mais rien. Rien.

Et puis, un jour, maman s’aperçut qu’elle était enceinte et un mercredi, Kouakou est arrivé. Je ne vous raconte pas la joie des parents et des grand mères. Vous la devinerez aisément. Maman bien sûr allaita Kouakou mais il faut croire que son lait n’était pas assez nourrissant parce que Kouakou pleurait beaucoup et surtout, surtout Kouakou ne grossissait pas, Kouakou ne grandissait pas.

On essaya le lait de vache. Cela le rendit malade. On essaya le lait de brebis. C’était mieux. Mais Kouakou restait petit. Et surtout Kouakou ne voulait plus manger. Impossible de le faire asseoir pour le nourrir. Maman et les mamies lui préparaient du gruau au bon lait de brebis, mais à deux ans, Kouakou mettait des vêtements de neuf mois.

Le médecin du dispensaire voulut le faire hospitaliser à Accra, mais les parents refusèrent. Nourrir leur enfant avec des tuyaux, ça non ! Et puis le savoir si loin tout seul dans un hôpital, non et non !

Alors ils allèrent revoir des sorciers. Un sorcier fit pendant toute une nuit des prières sur Kouakou. Un autre lui massa le ventre avec un onguent d’herbes magiques. Un autre... Oh je ne sais plus combien de sorciers ils étaient allé voir, mais rien. La situation ne changea pas et à trois ans, Kouakou était un petit garçon grand comme un autre d’un an.

Mais il avait une vitalité ! oh ! une vitalité ! Il gambadait et courait toute la journée et maman réussissait à lui faire enfourner de temps en temps une cuillère de gruau. Il la happait au passage et continuait de courir. Il ne voulait jamais s’asseoir pour manger.

Et un jour, un jour, un vieil homme passa à la maison. C’était le frère de la maman de papa. Donc le grand oncle de Kouakou. Il était vraiment impressionnant. Peut-être à cause de sa longue chevelure bien blanche. Peut-être à cause de sa longue barbe bien blanche. Peut-être à cause de son bel habit traditionnel. Et comme c’était l’homme le plus âgé de la famille, tout le monde lui marquait beaucoup de respect. Parce que il faut vous dire qu’au Ghana, on marque encore beaucoup de respect pour les personnes âgées.

Le vieil homme s’approcha de Kouakou. Il le regarda fixement. Profondément. Kouakou aima tout de suite le vieil homme. Il avait un tel regard ! Profond et rempli d’amour ! Mais pas d’un amour envahissant comme celui de ses parents. Non. Un regard de respect. A égalité. Kouakou se sentit exister dans ce regard.

Le vieil homme goûta le gruau. Il resta un moment silencieux puis il fit goûter le gruau à toute la famille. Tous s’accordèrent à dire que c’était fade. Pas mauvais, non, mais sans goût, surtout comparé aux plats si épicés qui faisaient leur ordinaire. Le grand oncle rassembla toute la famille et dit :

« Maintenant, Kouakou n’est plus un bébé. C’est un grand garçon. Il va devoir aider aux tâches de la famille. En particulier, c’est lui qui s’occupera de faire pousser les légumes du potager. Et puis, il prendra ses repas avec toute la famille. Il s’assiéra avec les autres autour du plat et mangera comme tout le monde »

Kouakou sourit. Il était grand ! Un grand garçon ! C’est la première fois qu’on lui disait ça. Il était fier. Le soir, pour la première fois il s’assit avec ses parents et ses grand mères - le grand oncle était parti – et il goûta. C’était fort mais c’était bon. Maman lui dit que c’était du poulet sauté aux cacahuètes. Il mangea une bonne part.

Et croyez moi ou pas ! Cela fait maintenant vingt ans de cela et Kouakou a vingt trois ans. Et il mesure un mère quatre vingt dix, il pèse quatre vingt cinq kilos et...
et...
il est capitaine de l’équipe nationale de ... Rugby !

 

 

POULET SAUTE AUX CACAHUETES (GHANA)

  • Un poulet découpé en morceaux
  • 2 c. à soupe d’huile d’arachide
  • 20 cl de bouillon
  • 1 citron vert
  • 2 c. à soupe de vinaigre balsamique
  • 2 c. à soupe de miel liquide
  • 2 c. à soupe de sauce soja
  • 125 g de cacahuètes décortiquées
  • sel, poivre

 

Faites chauffer de l’huile dans un wok ou une poêle et mettez-y les morceaux de poulet à dorer sur toutes leurs faces. Versez ensuite le bouillon, salez, poivrez et laissez cuire 20 minutes à petit feu jusqu’à presque totale évaporation de celui-ci et en remuant de temps en temps.

Pendant ce temps, mélangez dans un bol le jus de citron vert, le vinaigre, le miel, et la sauce soja. Concassez grossièrement les cacahuètes.

Quand il n’y a presque plus de bouillon mais avant que la viande ne dessèche, versez la préparation liquide et les cacahuètes dans le wok, mélangez et faites cuire à feu moyen quelques minutes en remuant le temps que la sauce caramélise et nappe le poulet.

Servez avec du riz blanc.

C’est très bon et ça fait grandir les enfants !

 

 


 


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