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La chanson de mes 20 ans

 

20 ans !

20 ans, c'est dans l'imaginaire humain, un âge de rêve. chiffre magique, synonyme de jeunesse, bonheur. Mes 20 ans, je les ai fêtés par une énorme fête avec des centaines, peut-être des milliers d'invités. Mais laissez moi vous raconter.

Si vous avez suivi les épisodes précédents, vous savez sans doute qu'à 18 ans, je suis parti vivre au kibboutz. C'était dans le Néguev, le kibboutz s'appelait "Mishmar Hanegev" et nous étions un groupe d'une quinzaine de Français. Ah oui, il y avait quelques Belges aussi. Après un temps d'adaptation où nous avons appris l'hébreu et un métier (moi, c'était l'élevage de poules, puis de brebis), nous nous sommes vus enrôlés dans l'armée en Novembre 1969. Un an et demi après notre arrivée.

Quel choc ! Choc physique mais aussi psychologique. J'ai appris bien plus tard que les méthodes employées pendant les classes de l'armée israëlienne étaient inspirées de celles des G.I.'s. Injures de la part des officiers et des sous-off', réveils surprises en pleine nuit pour faire une marche ou des pompes ou une course, ou simplement pour rester debout une heure à faire l'appel, que sais-je ? tout était bon pour nous faire craquer et nous préparer à être forts physiquement et dociles psychologiquement.

Les classes ont duré 4 mois. De mi-novembre 69 à mi-mars 70. 4 mois d'enfer. Vraiment. Je n'exagère pas. j'en ai un souvenir atroce. Mais j'ai appris beaucoup de choses. Notamment sur moi-même. J'ai surtout appris que mes limites physiques ou psychiques se situent à des années lumière de là où je les croyais. J'ai enduré bien plus que je ne croyais pouvoir le faire.

Nous faisions partie du "Nah'al", dans une compagnie composée de volontaires étrangers, et nous étions considérés comme inférieurs et moins opérants par rapport aux Israéliens d'origine. Brimades, humiliations, vexations, nous en avions notre lot !

Et 3 jours avant la fin des classes, nous voilà partis pour une marche de 100 km, de notre caserne près de Tel Aviv au mont Gilboa.100 km en 3 jours ; ça ne paraît pas grand chose, mais imaginez un équipement, un "barda" de 30 kg et l'obligation de porter de temps en temps l'un d'entre nous sur une civière. et une succession de marche et de course, pour faire bon poids !

 

Je ne tenais que par un subterfuge mental. Je refusais de voir l'objectif final (100 km, ce n'est pas envisageable). Mais je me cantonnais à ne voir que le prochain virage. Ca a marché. Je me disais à chaque fois : "après ce virage j'abandonne". Et ainsi de suite de virage en virage. Jusqu'à l'arrivée.

Et à l'arrivée, en ce jour béni du 17 mars 1970, jour de mes 20 ans, oh surprise ! Arrivés vers midi, nous sommes cantonnés dans un village de tentes super confortables pour nous qui dormions sous des tentes de 2 personnes où on tenait déjà difficilement seul…

Programme de l'après-midi : douche, lessive, repos !!! car une grande fête nous attendait en soirée : la remise de notre arme et de notre insigne. Grande fête avec tout d'abord, une cérémonie officielle et défilé devant les généraux.

Puis tenez vous bien : le soir, feu d'artifice, concert de l'orchestre du Nah'al, suivi d'un bal, parce que si vous ne savez pas, mais l'armée israélienne est mixte et les soldatEs étaient là aussi !!!

Magnifique ! Une magnifique fête, vraiment ! dommage simplement qu'ils avaient oublié mes bougies d'anniversaire. Ils avaient carrément oublié mon anniversaire ! Bon ! même pas grave !

A cette époque, la mode était aux groupes musicaux de l'armée. Chaque arme avait son orchestre, par ailleurs assez bons dans l'ensemble. Mais cette année là, l'orchestre du Nah'al lançait ce qui allait être son grand succès : Shir lashalom, chanson pour la paix.

 

Un orchestre militaire chantant une chanson pour la paix ! étonnant, non ? Surtout que la musique et les paroles étaient largement inspirées d'un grand succès mondial, la comédie musicale "Hair". Il n'y a qu'à voir les paroles : "Laissez le soleil s'élever" en anglais : "let the sunshine". Tenez, si ça vous intéresse, voilà les paroles intégrales ...

Le lendemain, permission d'une semaine, puis première affectation : 6 mois dans le Sinaï, une vrai cure de vacances !

Le reste de mon récit appartient à l'Histoire avec un grand H.

Cette chanson a longtemps été un succès et elle est devenu le chant de toutes les "colombes", ces Israéliens qui veulent la paix, ces Israéliens dont on parle peu et qui sont pourtant la majorité. 25 ans après mon anniversaire et le lancement de la chanson pour la paix, celle-ci était donc devenue l'hymne des partisans de la paix.

Samedi soir, 4 novembre 1995, sur la place des Rois d’Israël, en plein cœur de Tel Aviv, 150 000 personnes se rassemblent pour soutenir le processus de paix engagé par Itzhak Rabin, Premier ministre et Shimon Pérès, ministre des Affaires étrangères. Rabin ne croyait pas à ce rassemblement tant l’opposition dans la rue israélienne était forte. Il fut surpris de voir plus de 150 000 personnes dont beaucoup des jeunes. L’euphorie était au rendez-vous. Le slogan de la soirée était : « oui à la paix, non à la violence ».

Les ministres sont présents ainsi que le président de la Knesset (le parlement israelien) et de nombreux députés de la majorité. Des artistes sont également venus apporter leur contribution à cette manifestation politique de soutien à la politique du gouvernement. Rabin est arrivé un peu tendu, comme à son habitude dans ce genre d’occasion. Il avait mal aux yeux. Ses proches le disent nerveux. Devant une foule en liesse, il prononcera son dernier discours.

 

Lorsque Miri Aloni entonne le chant pour la paix, Rabin qui chante particulièrement faux se rapproche du micro pour chanter avec elle, manifestement détendu et heureux :

  Laissez le soleil s'élever
Le matin éclairé ...
 

Le rassemblement se termine vers 21h 30. Rabin remercie chaleureusement les organisateurs de la soirée en leur disant : "c’est le plus beau jour de ma vie." Léa Rabin, sa femme, qui était présente elle aussi quitte la manifestation en premier. Rabin suit quelques minutes plus tard. La foule le salue. Il est 21h40 lorsqu’en s’approchant de sa voiture officielle, un jeune extrémiste juif tire trois balles. Deux l’atteindront.
Rabin s’effondre. Transporté à l’hôpital, il arrive inconscient sur la table d’opération. Il meurt quelques minutes plus tard.

Des centaines de milliers de personnes sortent dans les rues, pleurent et allument des bougies. Au coin des rues, on met des photos du Premier ministre défunt. Des milliers de jeunes prostrés murmurent des chants toute la nuit. Israël doit affronter l’une des plus grandes crises de son histoire. Le président Bill Clinton fera immédiatement mettre en berne le drapeau américain sur la maison blanche et saluera la mémoire de Rabin en hébreu : "Shalom H'aver - Shalom camarade".

Les accords d'Oslo sont repoussés sine die. La paix attendra. Elle attend encore.

Même si elle n'est pas d'une qualité extraordinaire, j'aime bien cette chanson ... la chanson de mes vingt ans ...

 

CHIR LACHALOM
(Chanson pour la paix)

Paroles: Jacov Rotblit
Musique: Iair Rosenblum


Laissez le soleil s'élever
Le matin éclairé
Les résonances des prières
Ne nous feront pas revenir

Celui qui éteint sa bougie
Enfoui dans la poussière;
Les cris amers ne le réveilleront
Ne le feront plus revenir.

Personne ne nous fera revenir
Du puits profond et obscur,
La joie de la victoire ne leur
servira pas,
ni les chansons de louange.

Donc, ne chantez que la chanson pour la paix
Ne murmurez pas une prière !
Il est préférable de chanter la chanson pour la paix
Avec un grand cri !

Laissez entrer le soleil
Au travers des fleurs.
Ne regardez pas en arrière,
Laissez-le à ceux qui suivent.

Levez vos yeux avec espoir
Sans intérêt
Chantez une chanson à l'amour
Et pas à la guerre !

Ne dites pas : le jour arrivera -
Faites venir ce jour !
Car il n'est pas un rêve !
Et sur toutes les places
Proclamez la paix !

Donc, ne chantez que la chanson pour la paix...
....

CHIR LACHALOM


Paroles : Jacov Rotblit
Musique: Iair Rosenblum


Tnou lachemech laalot
Laboker, lehair
Hazaka chebatfilot
Otanou lo tahzir.

Mi acher kava nero
Oubeafar nitman;
Behi mar lo iairo,
Lo iahziro lehan.

Ich otanou lo iachiv
Mibor tahtit afel,
Kan lo ioilou
lo simhat hanitzahon
Velo chirei halel!

Lahen, rak chirou chir lachalom,
Al tilhachou tfila!
Moutav tachirou chir lachalom
Bitzeaka gdola!

Tnou lachemech lahador
Mibaad laprahim.
Al tabitou leahor
Hanihou laholhim.

Seou einaim betikva
Lo dereh kavanot
Chirou chir laahava
Velo lamilhamot!

Al taguidou iom iavo –
Haviou et haiom!
Ki lo halom hou!
Ouvehol hakikarot
Hariou lachalom!

Lahen, rak chirou chir lachalom...
...

 


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