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Evangile selon Philippe

 

Rosa, Rosa, Rosam,
Rosae, Rosae, Rosa,
Rosae, Rosae, Rosas,
Rosarum, Rosis, Rosis.

La classe ânonnait les déclinaisons latines. Depuis que les Romains avaient envahi la Judée, le latin était devenu langue obligatoire, et tous les enfants du pays ânonnaient ces déclinaisons barbantes, oh mais barbantes au possible. Pourtant, l’hébreu était une langue si facile. On prenait une racine et hop, on pouvait deviner tous les mots dérivés. Les verbes à la forme active, passive, pronominale se déclinaient tout seuls. Seule difficulté, les verbes avaient une forme féminine. « Je chante » ne se disait pas pareil si on était un garçon ou une fille. Mais bon. Ce n’était pas compliqué.

Alors qu’avec le latin, il y avait cinq déclinaisons des noms et deux classes d’adjectifs… Que du barbant !

Philippe se faisait chier. Et lourdement.

Rosa, Rosa, Rosam,
Rosae, Rosae, Rosa,

Qu’est-ce qu’il avait à en foutre, des roses latines !

Dominus, Domine, Dominum,
Domini, Domino, Domino,
Dominis, dominis, dominum,
dominorum, dominis, dominis

Il donnait des cours d’initiation au latin aux enfants et lui-même devait suivre des cours avancés. Dominus, Domine, tiens ! et des maîtres, donc ! Il était aussi un maître d’école mais les Romains étaient leurs maîtres à tous à présent ! Et merde !

Civis, civis, civem,
civis, civi, cive,
cives, cives, cives,
civium, civibus, civibus

Citoyen romain, il était citoyen romain maintenant ! Enfin, non ! Même pas du tout ! Juste un membre d’un peuple vaincu, asservi, et devant payer un lourd tribu à l’envahisseur. Un si lourd tribu que Rome avait gagné beaucoup d’argent par cette colonie de Judée et en avait ramené un vrai trésor. Le trésor du Temple. Les Romains avaient tellement d’argent qu’ils ne savaient qu’en faire. On parlait d’une immense arène qu’on allait construire en plein cœur de la cité conquérante. « Le Colysée » que ça allait s’appeler. Un magnifique monument destiné à des jeux de cirque pour éblouir les romains et leur faire admirer leur empereur. Il y avait eu déjà un arc de triomphe en l’honneur de Titus, ce salaud !

Panem et circenses

Philippe connaissait l’expression. Mais en fait de pain, les Hébreux n’avaient plus grand chose à manger, et pour les jeux, c’étaient souvent eux les attractions morbides qui finissaient morts au milieu de l’arène.

Y en avait marre ! ! !

Manus, manus, manum,
Manus, manui, manu,
manus, manus, manus,
manuum, manibus, manibus

Les Hébreux avaient pourtant frappé les Romains d’une main forte. Mais face au plus grand empire, que voulez-vous faire ?

En cette année 3836, le deuil frappait toute la terre de Judée. Cinq ans auparavant, en 3831, le temple avait été détruit. La guerre civile entre les farouches opposants à Rome et les tenants d’un compromis avait dévasté les combattants. Il y avait tellement de factions en présence ! Les Pharisiens et les Sadducéens, les Zélotes et les Sicaires sans oublier les Esséniens ! Et tous ceux-là s’étaient entretués joyeusement au lieu de s’allier contre les Romains ! Quel gâchis !

Philippe avait participé activement à la révolte. Il n’avait jamais pris part aux combats fratricides mais s’était toujours consacré à la seule lutte valable : le combat contre les Romains. D’abord, avec Simon Bar-Giora, il avait courageusement défendu Jérusalem contre les troupes de Titus. Mais après la défaite, il s’était enfui pendant la destruction de Jérusalem. Laissant la ville en flammes derrière lui, le temple saccagé et tous les combattants morts, il avait rejoint Eléazar Ben Yaïr dans la forteresse de Massada. Ils avaient tenu quatre ans, quand même ! Assiégés par les Romains, ils avaient fini par céder. Mais loin de se rendre, ces fanatiques avaient préféré se suicider. Les pères avaient tué leur famille avant de se tuer eux-mêmes.

Philippe n’avait pas de famille. Il n’avait donc tué personne. Et ne s’était pas tué. Il était fier mais pas au point de perdre la vie. Ah, ça non ! Au lieu de cela, il s’était faufilé, profitant de l’obscurité et sa connaissance du terrain, s’était caché dans une petite grotte que lui seul connaissait, juste en dessous de la forteresse perchée, et avait attendu la fin de la bataille, la victoire des Romains. Il avait profité de leur relâchement après la bataille et de leur enivrement. Car les Romains fêtaient toujours leurs victoire en se soûlant la gueule à fond…

Il s’était donc sauvé et se cachait maintenant dans une des nouvelles écoles ouvertes par les Romains pour les éduquer à la civilisation romaine, à la culture romaine. Pour en faire « leur chose ».

Res, res, rem,
Rei, rei, re,
res, res, res,
rerum, rebus, rebus

Bon. Pour ses cours à lui, Philippe avait un travail à rendre. Pour la semaine prochaine, il devait rendre un texte en latin. Sujet libre.

Philippe n’avait aucune idée sur le sujet qu’il allait choisir.

Rien ne lui venait à l’esprit.

Mais alors, rien de rien.

Ah oui ! Il y avait bien ce texte débile qu’il avait trouvé dans une maison abandonnée de la Jérusalem assiégée. Comment ça s’appelait, déjà ? « Evangile selon Marc ». Il pourrait le traduire en latin. Et puis les mots ou les phrases trop compliquées, il pourrait les changer, et même les enlever. Puisque personne ne connaissait l’original.

Il avait gardé les feuillets. Pour s’endormir en cas d’insomnie, y avait pas mieux. Un tas de foutaises ! A savoir qui était ce débile de Marc qui avait pondu cette connerie !

Il regarda dans ses affaires. Ah oui. Le voilà. Alors, ça disait :

1. Commencement de l'Évangile de Jésus Christ, Fils de Dieu.
2. Selon ce qui est écrit dans Ésaïe, le prophète: Voici, j'envoie devant toi mon messager, Qui préparera ton chemin;
3. C'est la voix de celui qui crie dans le désert: Préparez le chemin du Seigneur, Aplanissez ses sentiers.
4. Jean parut, baptisant dans le désert, et prêchant le baptême de repentance, pour la rémission des péchés.
5. Tout le pays de Judée et tous les habitants de Jérusalem se rendaient auprès de lui; et, confessant leurs péchés, ils se faisaient baptiser par lui dans le fleuve du Jourdain.
6. Jean avait un vêtement de poils de chameau, et une ceinture de cuir autour des reins. Il se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage.
7. Il prêchait, disant: Il vient après moi celui qui est plus puissant que moi, et je ne suis pas digne de délier, en me baissant, la courroie de ses souliers.
8. Moi, je vous ai baptisés d'eau; lui, il vous baptisera du Saint Esprit.
9. En ce temps-là, Jésus vint de Nazareth en Galilée, et il fut baptisé par Jean dans le Jourdain.
10. Au moment où il sortait de l'eau, il vit les cieux s'ouvrir, et l'Esprit descendre sur lui comme une colombe.

Quel tas de conneries ! Mais ça ira bien. Qu’est-ce que ça donnait, en latin ?

1. Initium Evangelii Jesu Christi, Filii Dei.
2. Sicut scriptum est in Isaia propheta : Ecce ego mitto angelum meum ante faciem tuam, qui præparabit viam tuam ante te.
3. Vox clamantis in deserto : Parate viam Domini, rectas facite semitas ejus.
4. Fuit Joannes in deserto baptizans, et prædicans baptismum pœnitentiæ in remissionem peccatorum.
5. Et egrediebatur ad eum omnis Judææ regio, et Jerosolymitæ universi, et baptizabantur ab illo in Jordanis flumine, confitentes peccata sua.
6. Et erat Joannes vestitus pilis cameli, et zona pellicea circa lumbos ejus, et locustas et mel silvestre edebat.
7. Et prædicabat dicens : Venit fortior post me, cujus non sum dignus procumbens solvere corrigiam calceamentorum ejus.
8. Ego baptizavi vos aqua, ille vero baptizabit vos Spiritu Sancto.
9. Et factum est : in diebus illis venit Jesus a Nazareth Galilææ : et baptizatus est a Joanne in Jordane.
10. Et statim ascendens de aqua, vidit cælos apertos, et Spiritum tamquam columbam descendentem, et manentem in ipso.

C’était aussi con en latin qu’en original !

Bon. Ca ira bien comme ça !

Il était content de son idée. Il allait traduire quelques pages de cette putain de connerie de texte.

Ca ira bien pour les Romains !

Pour ce qu’ils allaient en faire, les cons !

Il avait déjà son titre : « Evangelium Philippus »

« Evangile selon Philippe »

 


 


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