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Evangile selon Jésus d’Alexandrie


Jésus se réveilla en sueur ce matin-là. Il faisait une chaleur étouffante à Alexandrie en ce moment. Cela faisait maintenant plusieurs années que ses crises redoublaient en été. La chaleur, sans doute. Et puis cet air brûlant, même la nuit. Surtout la nuit. Il dormait sur la terrasse dans ces périodes de h’amsin, ce vent chaud du désert. Des fois, le matin, il trouvait même des grains de sable dans sa bouche.

Il avait rêvé sûrement. Encore un de ces cauchemars qui vous laissent un goût de sang dans la bouche. Il ne se rappelait de rien. Ah si ! Son père s’était encore disputé avec sa mère. Mais ça, c’était réel. C’était hier soir. Dire qu’à près de 23 ans, il vivait encore chez ses parents ! Ses frères et sœurs étaient tous casés. Mariés, des enfants. 3 habitaient à Alexandrie, 4 autres étaient partis dans la grande diaspora. On disait que certains n’étaient même plus en Egypte. A Chypre, sans doute, ou même en Anatolie. Pourtant, ils étaient bien, les juifs, à Alexandrie.

Ils étaient nombreux, les juifs à Alexandrie, en cette année 3883, 53 ans après la catastrophe. Il y avait maintenant 53 ans que les Romains avaient détruit le Temple de Jérusalem et que les juifs étaient partis en exil. Lui, Jésus, n’avait jamais connu le PAYS. Il était né ici, à Alexandrie. Il avait connu l’empereur Titus, Domitien, puis encore quelques autres. C’était maintenant Hadrien qui était l’empereur. Il paraît qu’il faisait construire une grande ville en Anatolie. Une grande ville qui portera son nom, Andrinople. Peut-être que l’un de ses frères y habitaient. Il y avait beaucoup de travail pour la construction là-bas.

Son père Joseph avait rapidement trouvé du travail à Alexandrie comme charpentier. Maintenant, ses forces commençaient à faiblir. Il n’était plus tout jeune. A vrai dire, c’était presque un vieillard. Et sa mère, Marie, faisait comme elle pouvait pour rentrer un peu de sous dans le foyer. Des ménages, des lessives… Quand il était petit, elle ramenait beaucoup de sous à la maison. Et c’était là que les grosses disputes avaient commencé entre son père et sa mère. « D’où vient tout cet argent ? tu as fait quoi ? »

C’est qu’elle était belle, Marie, à l’époque. Elle plaisait aux hommes. et elle n’était pas farouche. Quand elle a vu que ça pouvait rapporter gros, ben, elle n’a pas résisté. Un homme qui court de chantier en chantier, des fois plusieurs semaines sans rentrer à la maison, ça fait de la solitude, même avec des enfants. De la solitude dans le lit. Il la connaissait, Jésus, cette solitude ! Des chaleurs sous les aisselles, puis dans le ventre, puis dans le sexe. Dire qu’à 23 ans, il était encore puceau ! Mais il ne savait pas, avec les femmes. Il les fuyait avec la peur au ventre. Et dès qu’une femme s’approchait de lui, c’était la crise assurée. Des maux de tête, des maux de ventre, des angoisses.

Des angoisses. C’était ce qu’avait dit le médecin. Il avait des angoisses. Il ne pouvait pas rester longtemps dans un travail. Dès qu’une crise venait, on le renvoyait. On n’avait pas besoin d’un malade au boulot ! Alors, il allait, de petit boulot en petit boulot. C’était pas ça qui faisait bouillir la marmite. Alors, il était resté chez ses parents. Et puis, comment aurait-il fait tout seul ? Quand il avait une crise, maman lui mettait un linge mouillé sur le front et le berçait doucement. Lui, un grand benêt de 23 ans ! Quel malheur !

« Tu n’es qu’une pute ! » Les mots de la dispute d’hier soir résonnaient dans sa mémoire. Ces mots. Toujours les mêmes. « pute » revenait sans cesse. C’était le mot le plus courant dans sa maison. Et oui, sa mère, Marie, avait fait la pute. Mais bon. C’est loin, maintenant. Et puis c’était pour nourrir ses enfants. Mais Joseph, il le comprenait pas, ça. Pour lui, il imaginait sa femme avec un autre homme. Marie écartant les jambes pour quelqu’un d’autre. Et qui sait ? éprouvant du plaisir ? Avec lui, elle n’avait jamais montré du plaisir, même pas du désir... Elle le laissait faire, c’est tout. Il avait entendu dire que les femmes pouvaient avoir des orgasmes. Il n’arrivait pas à imaginer.

Jésus pensa à la petite voisine. Alexandra. Quand il la croisait, la tête lui tournait, il en avait des nausées. Il ne fallait pas qu’il y pense, à sa voisine. Jamais. Jamais.

Alexandra.

Lui, quand il avait ses chaleurs la nuit, dans son lit, il se touchait. Il se masturbait. Il pensait à Alexandra. Il éjaculait. Ca le calmait. Mais pas longtemps. Après, il culpabilisait. Parce que c’était péché. Mais comment les femmes pouvaient jouir ? Et comment c’était fait, une femme ? Il aurait aimé parler avec des amis. Mais il n’avait pas d’amis. Il sortait de moins en moins souvent de la maison. Le médecin disait qu’il fallait qu’il parle à quelqu’un, qu’il se confie. Mais à qui ? Sûrement pas à ses parents. On ne parle pas de choses comme ça avec ses parents. De sexe.

Il avait pourtant essayé de parler, à la taverne. Mais les gens le regardaient comme un fou et s’en allaient à une autre table. Un fou ! C’était ce qu’il était ! Un fou angoissé ! Mais c’était pas tout… Depuis quelques mois, il s’était mis à s’imaginer une autre vie. Il s’était mis à s’imaginer des amis, plein plein d’amis. Douze amis ! Whouaou ! Dans sa vie imaginaire, c’était lui, le personnage central du groupe. Ses douze amis l’aimaient, ils l’adoraient, ils l’admiraient !!!

Il en avait parlé au médecin. Celui-ci avait fait la grimace. Fou angoissé et maintenant en plus fou-double-personnalité. Le médecin avait donné un nom à ces maladies. Elles étaient fréquentes. Paranoïa et schizophrénie. Jésus ne savait pas ce que ça voulait dire. Paranoïa et schizophrénie. Le médecin lui répéta qu’il fallait qu’il se confie à quelqu’un. Il lui répondit qu’il n’y avait personne. Le médecin resta silencieux un moment. Puis il dit : « Ecrivez ! Ecrivez ce qui vous passe par la tête. »

Il avait écrit. des pages et des pages de papyrus. Mais des fois, il ne savait plus quoi dire, quoi écrire. Quand on parle avec quelqu’un, on a une discussion. Il y a un retour à ses paroles. Mais quand on écrit, on se sent encore plus seul.

Il eut une idée.

Il allait écrire une histoire complètement inventée.

Il allait s’inventer une histoire.

Il allait s’inventer une VIE !

Ce Jésus imaginaire qu’il avait dans sa tête, il allait lui donner une vraie vie. Il allait inventer tous les détails de sa vie. D’abord, il le ferait vivre en ce temps béni où le Temple était encore debout. Il allait le faire vivre en Galilée. Le lieu d’origine de ses parents. Il allait le faire naître 100 ans avant lui.

Et puis dans son histoire, son père Joseph serait un bon charpentier. Pauvre mais bon. Et puis sa mère ne serait pas pute. Elle serait même une sainte. Elle serait même Vierge ! Oh la la ! Son histoire commençait à prendre forme. Il l’appellerait « Jésus de Nazareth » Rien à voir avec lui, Jésus d’Alexandrie. Son Jésus de Nazareth ferait des miracles. L’histoire commençait à prendre forme dans sa tête. Des milliers d’idées se bousculaient. Il devait commencer tout de suite. Mais comment écrire ça ?

Il eut une idée de génie. Il n’allait pas écrire ça à la première personne. Il ferait parler un des amis de ce Jésus de Nazareth. C’est l’ami qui allait raconter son histoire, sa vraie histoire, sa vraie vie, telle qu’il aurait aimé la vivre. Il la ferait finir mal. Il allait mourir jeune dans son histoire. 33 ans ? C’était un bon chiffre. Mais avant sa mort, quelle vie merveilleuse il aurait eu ! Il pourrait même écrire plusieurs versions, faire parler 3 ou 4 amis de Jésus de Nazareth…

Quelle bonne nouvelle !

Il prit un morceau de papyrus et commença à écrire :

« Evangile selon Matthieu »

 

 


 


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