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Evangile selon Marie-Madeleine

 

Marie-Madeleine descendait prudemment le mont Scopus en ce début janvier. Il neigeait un peu et le chemin était glissant. Devant elle, le mont Sion, le mont des oliviers et le mont Moriah, appelé maintenant Mont du Temple. Il était beau, le temple, au crépuscule, sous la neige. Plus beau que d’habitude.
Elle avait le cœur lourd, Marie-Madeleine. C’était maintenant une vieillarde de presque cinquante ans et voilà qu’elle avait commis la plus grosse faute professionnelle de sa vie. Elle s’était spécialisé dès le début de sa carrière dans le domaine psychiatrique. « le docteur des fous », on l’appelait. Fous, crétins, idiots, tarés, cinglés, les mots ne manquaient pas pour qualifier ses patients. Elle, elle les appelait « ses malades ». Car malades ils étaient. Ce n’était pas de leur faute si c’était le cerveau qui était touché et pas le cœur ou les poumons ou n’importe quel autre organe.
Une grosse faute, elle avait fait. Ou plutôt plusieurs fautes.
Ca avait commencé il y a plus de vingt ans de cela. Avec le groupe des quatre malades de Galilée. Elle, son système, c’était pas de les attacher et de les tremper dans de l’eau glacée. Elle, elle disait que c’est la parole qui guérit. La parole et l’écriture. Elle organisait des groupes de parole. Chacun parlait librement. Elle apprenait à ses malades à s’écouter et à se respecter mutuellement. Quand un sentait qu’il allait mieux, tout le monde applaudissait. Quand un sentait que ça n’allait pas, chacun compatissait.. C’est comme ça que ça marchait et ça marchait bien. Ca avait toujours marché. Et elle les encourageait aussi à écrire. Ecrire, ça leur faisait du bien. Ils avaient l’impression de parler devant une grande foule anonyme. Ca avait guéri beaucoup de ses malades, l’écriture.
Alors, ce groupe des quatre de Galilée, ils avaient été très bizarres. Mais bon. Ca avait marché avec eux aussi. Très vite, le groupe de parole avait embrayé sur des questions théologiques. Aïe ! il fallait faire attention, mais d’un côté, elle était libre à l’intérieur de sa salle. Ils pouvaient dire n’importe quoi, nier l’existence de Dieu, parler du Messie... Cela ne sortait pas de la salle. Et puis, ce n’était que des « propos de fous », n’est-ce pas ?
Elle leur demandait une chose seulement, c’est que le sujet soit positif. Ils ne devaient pas parler de tuer leurs parents par exemple, ou parler d’autres crimes. Non, ils ne devaient parler que de choses bonnes. « Donnez-nous de bonnes nouvelles », disait-elle. « des Evangiles ».
Ces quatre-là, ceux de Galilée, s’en étaient donné à cœur joie. Ils avaient vraiment déliré. Ils étaient partis sur un Messie, un fils de Dieu mais fils d’une vierge, faiseur de miracles et que sais-je encore…
Et sa méthode avait marché. Plus ils donnaient libre cours à leur délire, plus ils s’apercevaient eux-même que ce n’était pas possible, qu’ils étaient dans le domaine de l’imaginaire. Et ils étaient d’accord d’appeler ça leur « histoire ». Elle leur avait alors demandé d’écrire chacun une version de cette histoire. « Prenez soin de bien choisir vos mots ». « Les verbes ! » s’était exclamé Jean. « les verbes ! ».
Et bon. ils avaient guéri. En tout cas, ils allaient bien quand ils ont quitté l’hôpital à l’époque, Marc, Luc, Matthieu et Jean. On n’a plus jamais entendu parler d’eux.
Et elle avait caché leurs quatre livres avec les autres. Dans ses archives. Elle avait plusieurs centaines « d’évangiles » dans ses armoires. Nulle autre qu’elle n’y avait accès. Secret médical !
Et voilà qu’un malade sérieusement atteint, un « fou furieux » avait réussi à ouvrir une armoire, à lire certains livres et à en écrire lui-même, sans le contrôle de Marie-Madeleine. Un Paul, travaillant à Jérusalem mais originaire de Tarse. Il disait qu’il devait aller à Damas pour répandre la « bonne nouvelle ». La bonne nouvelle ! Voilà qu’il avait lu les récits des malades de Galilée et qu’il y avait cru au premier degré. Faut dire qu’il était sérieusement atteint, celui-là. Elle ne pouvait pas l’approcher. Il la repoussait. Il ne supportait pas les femmes. Il en avait une frousse bleue. Les infirmiers lui avaient rapporté qu’en le déshabillant, ils avaient vu qu’il avait une malformation au niveau du sexe. Ils n’avaient pas été plus précis que « bref, c’est pas vraiment un homme… ». Il ne sera pas facile à soigner. Peut-être faudra-t-il l’enfermer avec les incurables. Les incurables. Il y en avait tellement. Ca lui arrachait le cœur, quand elle devait se résigner à cette solution. Mais avec ce Paul, c’était indéniable. Il était à enfermer.
Mais le gros problème, c’est qu’il avait écrit des lettres qu’il avait -comment avait-il fait ?- réussi à faire sortir à l’extérieur. Ainsi que les quatre livres des Galiléens. Tout le monde commençait à en parler à Jérusalem. Les quatre évangiles et les lettres de Paul « les Epîtres » commençaient à circuler furieusement. il paraissait que certains crédules y croyaient...

Elle avait fait une faute.

Elle avait fait une énorme faute.

Demain, elle présenterait sa démission en espérant qu’ils ne lui fassent pas un procès et qu’elle ne termine pas ses jours en prison ou… pire…

 


 


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